En Avril dernier, Antoine Rolle, notre ambassadeur de la Rebloch'Team, est parti accompagné de 3 camarades: Thomas Auvaro, Matthieu Rideau et Jeremy Fino, en Alaska, afin d'explorer les Revelation Mountains.

Aujourd'hui, nous vous proposons le récit de cette belle aventure, écrit par Antoine Rolle. 

 

"Pour les vacances, nous avons tous des destinations radicalement différentes.

Si certains préfèrent les passer en ville ou à la plage, pour Thomas, Matthieu, Jeremy et moi, l’action se passe à 8 000 kilometres de nos Alpes, dans les montagnes sauvages d’Alaska.


Au volant de nos voitures chargées de matos et de nourriture, nous prenons la route de Talkeetna.

Créée lors de la ruée vers l’or, cette petite ville est désormais touristique grâce à son aérodrome, point de départ des expéditions sur le Denali (6 190 m).

Nous n’irons pas sur ce colosse alaskien qui fait de l’ombre à de nombreux massifs. Notre objectif est d’explorer les Revelation Mountains.

Ce petit massif situé à l’extreme ouest de l’Alaska Range offre de multiples possibilités en terme d’ouverture, que ce soit en alpinisme ou à ski.

Les sacs bouclés et après une dernière bière au Fairview’inn, bar local de Talkeetna, nous embarquons dans l’avion taxi qui nous dépose sur le glacier.

Le vol est magnifique, survolant les étendues froides d’Alaska.


Une fois seuls sur place, il faut s’activer pour monter le camp de base.

Il est primordial que nous y soyons bien installés. Sans tente messe, nous sommes contraints de creuser une grotte de neige.

D’environ 8m2 et 1,9m de hauteur, cette « pièce » est notre lieu de vie et notre protection contre les tempêtes.

Nous testons rapidement son utilisation pendant les deux jours de mauvais temps suivants.

Le soleil est de nouveau présent, le temps pour nous de commencer nos repérages des faces et de chausser pour la première fois les skis.
Notre premier objectif est défini, une goulotte évidente en face nord ouest d’un sommet vierge.

Avec nos sacs chargés et lourds, nous mettons plusieurs heures pour atteindre le camp de base avancé. La nuit est courte.

Le réveil sonne à 2h30, nous avançons rapidement un petit déjeuner et tapons le premier coup de piolet vers 5h.

Les conditions sont excellentes, la neige couic-couic et la glace tapissent les 900m de goulotte. Les longueurs sont belles et nous sommes euphorique à l’idée d’ouvrir une telle ligne.

Celle-ci va rapidement s’arrêter. À seulement 50m de l’arête finale, nous venons buter sous des surplombs et des dalles déversantes, infranchissables.

Tristes, déçus et dépités, nous sommes obligés de redescendre. Par de longs rappels, nous retrouvons nos tentes et nous recouchons 27h après s’être levés.
Le retour au camp de base est réconfortant malgré la déception. Les deux jours de repos au soleil nous redonnent des forces et de l’energie.

Malheureusement, durant la tentative, Matthieu s’est gelé partiellement un orteil, l’obligeant à rester au camp de base pour le reste de l’expé.
Le beau temps est bien installé, Thomas, Jeremy et moi nous offrons la deuxième ascension du Sylph (2310m) et la première à skis.

Pendant la descente, nous en profitons pour repérer une belle ligne sur le sommet voisin du Seraph.


Le lendemain, par trois longueurs dures puis un couloir mixte plus facile, nous ouvrons « MaKeMaLo » ED-/M7/600m en face nord est du Seraph (2605m).

Au sommet, le temps est clair et la vue est dégagée, superbe ! Trois rappels et un petit couloir nous ramènent au pied de la voie et nous avons le luxe d’arriver tôt au camp de base où Matthieu nous attend.
Pendant les jours de repos, nos activités se concentrent à faire sécher les affaires, regarder des films, pelleter et surtout manger.

Dans la grotte tous les aliments, sans exception, gèlent. Nous cuisinons donc à grand coup de couteau et de bain marie, ce qui offre de drôles de situations. 

Une période de mauvais temps est annoncé en fin de semaine, nous obligeant à avancer notre retour. Dans deux jours nous retournerons à la civilisation.
De nos tentes, nous observons une ligne logique rayant en diagonale la face est de l’Hydra (2380m). Elle nous nargue depuis notre arrivée sur le glacier.

Nous décidons d’y tenter notre chance comme bouquet final.
La matinée est décoiffante. Dès notre réveil, nous sommes surpris par un fort vent.

Au pied de la voie, il ne faiblit toujours pas. Jeremy s’élance, cordes à l’horizontales, dans les quatre premiers longueurs en mixte difficile.

Entre la raideur de la paroi et la météo capricieuse, l’ambiance est bien présente.

Je prends le relais. Par une dernière longueur dure, nous débouchons sur la rampe tant attendue.

L’escalade devient alors légèrement plus facile, nous permettant de grimper plus rapidement.

Pour finir, Thomas prend la tête de la cordée. Une ultime longueur de mixte nous mène à l’arête finale.


Les couleurs dans le ciel sont devenues rougeoyantes.

Du sommet la vue est incroyable. Le coucher de soleil s’étend sur les plaines de l’ouest.

Somptueux ! La journée a été rude mais nous sommes heureux d’avoir ouvert ces quatorze longueurs de mixte soutenues.
« Fa pas caou per aqui ! » ED/M8/600m.

Par talkie-walkie, nous partageons avec Matthieu ce moment.


Comme prévu, notre aventure s’achève le lendemain lorsque l’avion nous récupère.

L’Alaska a tenu toutes ses promesses.

Nous avons pris un plaisir fou à grimper, skier et à partager ces moments uniques ensemble.

Merci à Thomas, Jeremy, et Matthieu. Maintenant, on repart quand en vacances ?"

 

Découvrez les photos de l'expedition: 

Paquetage, un mois de matériel et de nourriture. © Thomas Auvaro

Entre folie et enthousiasme, l’équipe est motivé avant le départ. © Antoine Rolle

Vue incroyable sur le glacier durant l’approche en avion. © Jeremy Fino

Débat « Qui dort avec qui ? ». © Jeremy Fino

La notion de confort est faible même dans notre belle grotte de neige. © Antoine Rolle

Le temps se découvre après quelques chutes de neige. © Jeremy Fino

Les premiers jours, on repère les faces et les lignes possibles. © Thomas Auvaro

On profite également de la neige fraichement tombée. © Antoine Rolle

Notre premier objectif, une goulotte vierge de près de 1000m. © Antoine Rolle

Nous établissons un camp de base avancé au pied de la face. © Antoine Rolle

À notre grande surprise, les conditions sont excellentes. © Antoine Rolle

Raide et soutenue, l’escalade est superbe. Mais plus haut ce sera l’impasse… © Jeremy Fino

Schéma de notre tentative. © Antoine Rolle

Le retour au camp de base est accompagné de déception et d’amertume. © Antoine Rolle

La motivation est de retour avec l’ascension du Sylph. © Antoine Rolle

Le lendemain, l’escalade nous emmène entre bouchon de neige et glace. © Jeremy Fino

Encore quelques longueurs de mixte et nous débouchons au sommet du Seraph.

Jeremy et Thomas heureux à la vue du sommet !

Topo – Ouverture « MaKeMaLo » – Seraph 2605m. © Antoine Rolle

Au camp de base, l’intelligence est quelques fois mise de coté. © Thomas Auvaro

Dès les premières longueurs de l’Hydra, l’escalade est verticale. © Thomas Auvaro

Sur la rampe, le rythme s’accélère. © Jeremy Fino

La treizième et avant dernière longueur, nous y sommes presque. © Jeremy Fino

Au sommet de l’Hydra nous pouvons enfin admirer le coucher de soleil. © Antoine Rolle

Des hommes heureux. © Antoine Rolle

Topo – Ouverture « Fa pas caou per aqui ! » – Hydra 2380m. © Antoine Rolle

 

 

Voici quelques articles qui pourraient vous plaire… 

scarpa ribelle boutique a lyon