Le parcours du GR®20, étape par étape

 

Souvent qualifié de « sentier de randonnée le plus difficile au monde », le GR®20 fait partie de ces aventures outdoor à effectuer au moins une fois dans sa vie pour de nombreux randonneurs. Au gré de ses seize étapes, ce parcours longitudinal reliant Calinzana, en Haute-Corse, à Conca, en Corse du Sud, est une aventure sans nulle autre pareille. Une aventure exigeante, minérale, grandiose, à laquelle de nombreux prétendants, venus des quatre coins de la planète, prennent part chaque année et parmi lesquels les échecs sont nombreux, faute de préparation. Afin de vous permettre d’aborder cette « traversée de la Corse par les montagnes » dans les meilleures conditions et de la préparer avec minutie, GR®20 Expérience Gore-Tex, vous propose cet article complet, détaillant chacune des étapes et ses nombreuses variantes alpines. La Corse vous offre le décor, à vous de créer le parcours qui va avec !

 

Quelles sont les étapes du GR20 ?

  

HAUTE-CORSE, LA PARTIE NORD

 

Jour 1 : Prendre de la hauteur

 

Village de Calinzana – Refuge de L’Ortu di U Piobbu 

Temps estimé : 6h30

Difficulté : 1250m D+ / 50m D-

Calinzana, point de départ de l’aventure, est un village typique de la région de Balagne, en Corse du Nord. Perché à 250m d’altitude, à flanc de montagne, il offre un cadre magnifique avant de se lancer dans l’aventure GR®20 : sa place principale, son clocher, ses ruelles en pierre avec vue sur la mer et le Golfe de Calvi. Un conseil, passez-y votre soirée paisiblement au rythme des parties de pétanque pour être d’attaque au petit matin…

Cette première étape a pour ambition de vous faire prendre de l’altitude en douceur. Vous partirez à travers le maquis sur un sentier faiblement accidenté où vous croiserez rapidement une première source. Il est conseillé de partir assez tôt pour profiter de la fraicheur du matin et des premières lueurs du jour sur le premier col de votre séjour, à 640m d’altitude. De là, si vous levez la tête vous pourrez voir les rayons du soleil traverser bocca* a u Saltu, un col à 1250m, qui sera votre prochain objectif. Le tapis rouge vous est déroulé pour y accéder, avec un sentier « roulant » et de beaux lacets pour casser le dénivelé. Ne vous habituez pas à ce genre de chemin et considérez-le comme un cadeau de bienvenue, une rampe de lancement vers votre aventure à travers la Corse.

 

Une fois arrivé au col, le gros du dénivelé est effectué, environ 1000m. Appréciez la vue et faites une bonne pause ! La suite se passe à flanc de montagne entre forêt de pins et parois de granit. C’est à partir de là que vous commencerez peut-être à prendre plus de temps pour poser vos pieds de manière stable, voire utiliser les mains sur les rochers pour vous équilibrer. Quelques raidillons commenceront à éprouver vos mollets, à la montée comme à la descente… Un petit pas d’escalade à la descente se présentera à vous. Le secret, transférer le poids sur les bras pour que les pieds restent stables sur le rocher. Rien de bien compliqué, mais si vous êtes moins à l’aise, prenez le temps de vous faire passer le « menhir » qui vous sert de sac à dos par votre compagnon de route avant de vous engager !

 

 

La suite du sentier vous emmènera, après quelques minutes de progression, sur un petit col herbeux propice au pique-nique et à la détente. Le gros de l’étape est derrière vous, vous pouvez prendre le temps de vous reposer. Quelques mètres de dénivelé plus tard, vous sortirez sur une crête qui vous offrira un panorama grandiose : face à vous, le Monte Corona, 2144m. Sous ses pentes, vous pouvez voir à flanc de montagne les petits points verts des tentes du refuge du soir. « Refuge en vue », ça fait du bien au moral. Tout le dénivelé est quasiment absorbé, il n’y a plus qu’à dérouler vers L’Ortu di U Piobbu. A noter que le refuge a brûlé en 2019, mais des aménagements ont été réalisés pour vous permettre de dormir et de vous faire à manger.

 

Plus d'infos sur le site du Parc Naturel Régional de Corse : http://www.pnr.corsica

Réservations de refuges : www.pnr-resa.corsica – tél : 04.20.06.12.00

 

 

Jour 2 : le périple commence

 

Refuge de L’Ortu di U Piobbu – Refuge de Carrozzu

Temps estimé : 7h00

Difficulté : 667m D+ / 917m D-

 

Après l’échauffement de la veille, cette étape vous donnera l’occasion de constater ce que le terme « sentier accidenté » signifie en Corse ! Mais on vous rassure, c’est surtout beaucoup d’émerveillement qui vous attend au gré de cette progression technique. Dès les premiers mètres de l’étape, le dénivelé et la roche seront donc omniprésents. Après une première montée de 100m D+, une petite descente vous conduira aux ruines des bergeries de Mandriaccia, puis vous traverserez un petit ruisseau où se trouve une jolie source. Ce havre de paix marque également le début d’une longue ascension qui marquera votre premier passage à 2000m, sous le Capu* Ladroncellu. Dans cet environnement minéral règne le mouflon, que vous apercevrez peut-être. Mais ne ratez pas cette autre source que vous croiserez dans cette montée, la réverbération de la chaleur pourrait vous le faire regretter si vos réserves en eau sont faibles.

 

Arrivée à bocca Pisciaghja, vous découvrez un panorama grandiose qui vous fait prendre la mesure de votre périple, une succession de massifs à caractère « alpin » clairsemés de névés suivant la saison. Votre regard porte jusqu’au massif du Monte Cintu, le point culminant de la Corse ; un sommet qu’il vous faudra franchir dans deux jours pour découvrir le reste de l’île.

 

Si le décor invite à la contemplation, il convient de se rappeler que l’ascension n’est pas terminée, puisqu’il faut basculer vers le col d’Avartoli, votre prochain objectif. A partir d’ici, c’est un terrain assez chaotique que vous allez devoir affronter, vos mains pourraient bien être aussi utiles que vos pieds pour progresser. Mais pensez à rester concentré et à lever la tête pour ne pas vous engager dans un mauvais passage. À force d’erreurs, les randonneurs ont créé de véritables « fausses pistes » s’écartant du balisage et rajoutant un effort largement « facultatif ».

Le panneau du col est en vue, ce sera l’occasion d’une pause salvatrice, voire d’un casse-croute, avant de rejoindre bocca Innominata, dernier point haut de l’étape avant la descente finale conduisant au refuge. La vigilance restera toutefois de mise dans ce terrain technique où les bâtons pourront vous apporter du soutien.

Ça y est, le refuge est là, dans ce fond de vallée où la forêt a vaincu la roche.

 

Plus d'infos sur le site du Parc Naturel Régional de Corse : http://www.pnr.corsica

Réservations de refuges : www.pnr-resa.corsica – tél : 04.20.06.12.00

 

 

Jour 3 : Aux portes du Monte Cintu

 

Refuge de Carrozzu – Refuge d’Ascu

Temps estimé : 6h10

Difficulté : 790m D+ / 638m D-

 

Ce matin le réveil est un peu plus dur. Le corps a en mémoire les milliers de cailloux affrontés la veille. Il va falloir s’y habituer et prendre soin de ses pieds avant le départ.

 

Un profil assez simple sur le papier se présente à nous aujourd’hui, puisqu’il s’agira d’effectuer un « M » majuscule : cela débutera par une grande montée de 800m de dénivelé, puis une petite descente de 50m, qui sera suivie d’une courte montée de 50m également, avant de finir par une descente de 700m !

 

La fameuse passerelle de la Spasimata, rendue célèbre par le film « les randonneurs », ouvrira votre menu du jour. Rappelez-vous la réplique de Benoit Poelvoorde quand vous la traverserez : « chaque pas est une planche, chaque planche est un pas » ! Mais soyez rassurés, la passerelle est bien plus solide qu’à l’époque du film.

Passé le pont suspendu, vous pénétrez dans le cirque de Bonifatu, un canyon majestueux qui vous conduira, au fil du dénivelé, au lac de la Muvrella. « Muvrella » signifie mouflon en Corse. Ouvrez bien les yeux et tendez l’oreille, il y a de fortes chances que vous les aperceviez, une fois que vous serez là-haut.

Après le passage du lac, c’est un pierrier bien raide que vous attendra. Un névé y reste souvent accroché en début de saison. Ce méandre de blocs rocheux derrière vous, vous serez au col (de Muvrella) et la première grosse ascension sera désormais de l’histoire ancienne.

 

C’est à peu près à partir de ce moment que vous commencerez à réaliser que la beauté des paysages sur le GR® est, à l’instar des cailloux, une constante ! Cependant, n’ayez pas trop la tête dans les nuages dans la petite descente technique qui s’en suit. Vous pourrez un peu relâcher la concentration dans la dernière montée du jour, plutôt paisible, qui vous permettra de rejoindre bocca di Stagnu, à 2000m d’altitude. Ici, plusieurs sentiments se mélangent, la réjouissance à la vue du refuge qui semble à portée de main et un peu d’inquiétude à la vision du roi de la Corse, le Monte Cintu, qui parait infranchissable.

Mais à chaque jour suffit sa peine, le combat contre le Cintu se jouera demain, pour le moment place aux 700 mètres de dénivelé négatif. Une descente dont vous risquez de vous rappeler…

 

Plus d'infos sur le site du Parc Naturel Régional de Corse : http://www.pnr.corsica

Réservations de refuges : www.pnr-resa.corsica – tél : 04.20.06.12.00

 

 

Jour 4 : Point culminant de l’aventure

 

Refuge d’Ascu – Refuge de Tighjettu / Bergeries de Vallone

Temps estimé : 8h45

Difficulté : 1300m D+ / 1100m D-

 

Cet itinéraire est en place depuis quelques années pour remplacer le passage du Cirque de la Solitude qui ne fait plus partie du GR20.

 

5h30, c’est l’heure de partir à la frontale pour affronter la plus longue montée de votre périple à travers un univers minéral marqué, 1300m.

Le départ se fait en douceur sous le couvert des pins bordant la rivière, puis après trente minutes, vous traverserez une passerelle qui marque le début de l’ascension. Un enchaînement de dalles, de pierriers et de petites cheminées équipées de chaines vous conduiront, dans un premier temps, au lac d’Argentu. A ce point de l’étape, il vous restera 300 mètres de dénivelé positif pour rejoindre la pointe des éboulis (Ghjarghje rosse, en Corse) et apercevoir l’horizon et l’extrême Sud de la Corse. Une traversée le long d’une barre rocheuse équipée d’une chaine, dominée par un immense pierrier instable, vous mènera au sommet du jour (Attention aux chutes de pierres, il est préférable de s’organiser entre randonneurs sur ces passages exposés aux éboulements. Laissez descendre ou monter avant de vous engager).

En option, vous pourrez vous offrir un aller-retour « bonus » d’1h45 pour aller au sommet du Monte Cintu, qui se trouve sur votre gauche. Une variante à l’image du GR®, dans un univers très minéral et accidenté.

Si l’option ne vous intéressait pas, c’est sur votre droite qu’il faudra vous diriger, pour mettre le cap vers bocca Crucceta. Vous rejoindrez ce col par une ligne de crête à 2600m au panorama saisissant, avant une longue descente vers le refuge de Tighjettu.

La descente finale est longue (plus de 1000m de dénivelé négatif) et pourrait mettre à mal vos articulations car il n’y aura pas de répit jusqu’au refuge. La Corse vous offre sa plus belle roche !

Il est également possible de continuer à descendre 45 min pour arriver aux bergeries de Vallone, selon le découpage de votre parcours.

 

Plus d'infos sur le site du Parc Naturel Régional de Corse : http://www.pnr.corsica

Réservations de refuges : www.pnr-resa.corsica – tél : 04.20.06.12.00

 

 

Jour 5 : Un peu de répit

 

Il est possible de choisir parmi deux options :

1- L’étape classique pour rallier le plus haut refuge du GR®20, Ciottulu di i Mori. C’est une étape très courte, surtout si vous vous êtes arrêté aux bergeries de Vallone la veille.

Temps estimé : 4h00

Difficulté : 607m D+ / 68m D-

Ou

2- Continuer jusqu’au gîte de Vergio. Ce découpage équilibrera davantage les jours 5 et 6.

Temps estimé : 6h30

Difficulté : 650m D+ / 700m D-

 

Nous vous recommandons la deuxième option, plus pertinente dans la gestion du parcours. C’est celle que nous détaillerons ci-dessous.

 

Refuge de Tighjettu / Bergeries de Vallone – Gîte du Castel de Vergio

Après trois étapes très techniques, ce matin le départ des bergeries est plutôt paisible et la première heure de marche, sur un sentier souple en forêt, fait du bien à l’organisme. Ce plaisir risque toutefois d’être de courte durée, car une fois la forêt dissipée, les choses sérieuses commencent. Le mur de bocca di Foggialle, qui vous conduira à 1963m, vous fait face. C’est la seule véritable difficulté de la journée avec un terrain très rocheux et technique qu’il est préférable de passer le matin quand il fait encore frais.

Le col passé, vous continuerez à monter légèrement pour rejoindre le refuge de Ciottulu di i Mori. Vous êtes ici sur la plus haute terrasse de Corse, un endroit qui mérite certainement une pause !

 

Les batteries rechargées, vous allez progressivement perdre de l’altitude à travers la vallée du Golu. Un endroit unique où vous trouverez des vasques couleur émeraude parmi les plus belles de Corse. Le bain de pieds ou la baignade y sont appréciés. Plus loin sur votre chemin, vous croiserez les bergeries et la cascade de Radule, un endroit hors du temps gravé dans la pierre. De là, il vous restera à sinuer à travers la forêt pour rallier votre gîte du soir. Le manque d’objectif visuel sous ce couvert végétal peut vous sembler long, mais ne perdez pas patience. Dès que la route sera en vue, ce sera la délivrance, voire l’heure de l’apéro !

 

Plus d'infos sur le site du Parc Naturel Régional de Corse : http://www.pnr.corsica

Réservations de refuges : www.pnr-resa.corsica – tél : 04.20.06.12.00

 

 

Jour 6 : La perle de la montagne

 

Castel di Vergio – Refuge de Manganu

Temps estimé : 6h

Difficulté : 650m D+ / 300m D-

C’est le départ pour une journée de transition, plutôt tranquille, entre le massif du monte Cintu, qui est maintenant derrière vous, et le massif du Rotondu ; la prochaine grosse difficulté du Nord à affronter. Sur les premiers kilomètres, vous évoluerez assez paisiblement jusqu'au pied de la montée de la chapelle San Petru, une montée qui vous conduira sur une crête à 1800m, d’où vous pourrez observer le chemin parcouru depuis cinq jours.

 

Une fois cette crête passée, vous irez en direction de bocca a Reta, d’où vous aurez les premières vues sur le Sud de l’île et devinerez, à l’horizon la fin du périple. Mais avant de se projeter trop loin au sud, c’est l’un des plus beaux endroits du parcours que vous aurez devant vous : le lac de Ninu, une véritable perle au milieu de la roche. Après des jours à user vos crampons sur les rochers, l’eau du lac et la verdure des pelouses l’entourant vous offriront un paysage contrasté et coloré dont vous risquez de rappeler longtemps.

Votre passage au bord du lac sera un moment de détente pour l’esprit et les jambes et la seule difficulté du jour sera désormais d’enchainer les kilomètres à travers verdure et rivières. Un peu plus loin, vous arriverez dans un endroit hors du temps ; les bergeries de Vaccaghia. Arrêtez-vous y prendre un café. De la terrasse, vous n’avez plus que 45 minutes de marche sans difficulté pour rejoindre votre refuge du soir, le refuge de Manganu.

 

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Jour 7 : Haute vallée de la Restonica

 

Refuge de Manganu – Refuge de Petra Piana

Temps estimé : 6h30

Difficulté : 830m D+ / 600m D-

Après la balade bucolique de la veille et la sieste sur les abords du lac, ce septième jour vous ramènera dans la « réalité » du GR®, avec de la roche et du dénivelé !

Vous vous réveillez au pied de bocca alle porte, l’ancien point culminant du parcours avant la modification du Cirque de la Solitude (i Cascettoni, pour les locaux) qui n’est plus au menu du parcours. Le départ de cette étape se fera donc en montée, avec 650m de D+ à avaler, durant lesquels vous franchirez un à un les verrous d’anciens glaciers. Ces étendues de glace ont laissé la place à des lacs devenus prairies d’altitude pour ovins et bovins. Au pied de la rampe finale de cette ascension, un énorme pierrier vous attend. Vous pouvez distinguer le col entre les arêtes, ainsi que les randonneurs plus matinaux qui basculent déjà sur l’autre versant. Un névé imposant reste ancré sous le col en début de saison, c’est une difficulté supplémentaire dans laquelle il faudra être prudent.

 

Au passage du col, la surprise est totale, deux lacs, comme suspendus l’un au-dessus de l’autre, semblent prisonniers de la montagne. Les lacs de Capitellu et Melu, joyaux du patrimoine naturel Corse et de la haute vallée de la Restonica s’offrent à vous. Vous les aurez sous les yeux et sous les pieds durant le reste du parcours du jour. C’est une section aussi majestueuse qu’exigeante techniquement, où l’équilibre sera de mise pour ne pas plonger dans l’un des deux lacs ! Au bout de cette traversée, vous arriverez à bocca Muzzella, un col qui marque la sortie de la haute vallée de la Restonica.

Une fois la bascule faite, il n’y aura plus que de la descente au programme, mais une descente durant laquelle il faudra rester vigilant jusqu’au bout. Le refuge de Petra Piana et ses pelouses environnantes est un petit havre de paix auquel on accède après un « enfer minéral » !

 

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Jour 8 : En direction du Sud

 

Possible de doubler l'étape vers Vizzavona en ne dormant pas au refuge de l’Onda:

 

1- Petra Piana – Onda – Vizzavona : par la variante Alpine (si météo favorable)

Temps estimé : 9h30

Difficulté : 1000m D+ / 1500m D-

 

2- Petra Piana – Canaglia – Vizzavona : par GR®20 / mare a mare Nord (si météo compliquée)

Temps estimé : 7h45

Difficulté : 300 D+ / 1100m D-

 

Nous vous recommandons l’itinéraire 1 qui ne quitte pas le GR®20, contrairement à la deuxième option, plus indiquée en cas de mauvaise météo.

 

Ce matin, vous laisserez derrière vous le massif du Rotondu (2622m) et vous attaquerez au dernier « gardien » de la partie Nord du GR®20 : le Monte d’Oru (2389m) et son redoutable col, bocca Muratellu.

 

Avant de l’affronter il faudra se diriger vers la variante alpine qui vous permet de doubler l’étape. Balisée en jaune, elle offre l’avantage de rester en crête et d’économiser du dénivelé et des kilomètres. Un peu plus technique que l’itinéraire classique, elle compense par un panorama incroyable, notamment avec les premières lueurs du jour.

Une fois cette variante alpine franchie, vous arriverez au pied de la montée de bocca Muratellu et ses 700 mètres de dénivelé positif. Le refuge de l’Onda est alors juste à côté, profitez-en pour vous ravitailler avant de vous élancer dans cette longue ascension.

Une fois le col bravé, vous n’aurez « plus qu’à descendre »… Mais ce sera là l’une des plus longues descentes de l’aventure, une section exigeante mais grandiose au milieu des dalles de granit et de la rivière de l’Agnone. Après plusieurs kilomètres qui vous auront peut-être paru semblé longs, vous arriverez à la gare de Vizzavona et laisserez le massif du « Monte d’Oru » et la partie Nord derrière vous. Une bonne chose de faite !

 

Il est également possible de s’arrêter au niveau du col de Vizzavona où se trouvent deux hébergements.

 

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CORSE DU SUD

Jour 9 : Changement de décors

 

Gare ou Col de Vizzavona – gîte / Refuge de Capanelle

Temps estimé : 5h30

Difficulté : 890m D+ / 224m D-

Ce matin, le sac parait plus léger et le bout de l’aventure semble désormais à portée de main. L’horizon, bien qu’un peu obscurcit par l’ombre des massifs du Nord, laisse la place à un paysage plus doux sous une forêt de hêtres protectrice.

Il faudra tout de même gravir pas loin de 700m de dénivelé positif avant de sortir du sous-bois et atteindre le premier col de ce GR®20 Sud, bocca Palmentu à 1600m. Ce point du parcours vous offrira un promontoire unique pour voir, enfin, la mer. La Méditerranée, toute proche, vous accompagnera pour tout le reste du parcours et l’envie de descendre vous y baigner risque bien de vous passer à l’esprit plus d’une fois.

 

Sous le col, vous rejoindrez les bergeries d’Alzeta et leurs jolis volets rouges avant de poursuivre paisiblement vers la forêt. Vous pourriez même être amenés à vous demander si vous vous trouvez toujours sur l’itinéraire du GR® ! On vous rassure, vous êtes sur le bon itinéraire ; profitez du fait de pouvoir lever la tête sans trébucher et vous cogner le gros orteil au fond de la chaussure.

 

Une ultime montée vous rappellera que vos mollets n’ont peut-être pas encore complètement digéré la partie Nord, mais vous serez alors à seulement quelques minutes de votre logis du soir. Vous ne rêvez pas, ce sont bien des remontées mécaniques qui se dressent devant vous ; vous êtes à Capanelle, gîte-étape du GR®20 l’été et petite station de ski l’hiver.

 

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Jour 10 : Autour du Renosu

 

Gîte / Refuge de Capanelle – Refuge de Prati

Temps estimé : 6h10 

Difficulté : 642m D+ / 480m D-

Hier, vous vous êtes endormi au pied du Massif du Renosu, point culminant de la Corse du Sud, à 2352m. Le tracé « normal » du GR®20 contourne le massif par un ancien sentier forestier qui est la continuité du paisible chemin rencontré la veille. Il existe cependant un itinéraire plus varié, passant par le sommet, et offrant ainsi une journée plus riche en paysages mais aussi en dénivelé. A vous de choisir !

 

Le contour du massif effectué, vous arriverez au plateau de Gialgone où se situe une bergerie restaurée. Vous commencerez alors progressivement à perdre de l’altitude pour rejoindre et traverser la rivière de Marmano, en empruntant une belle passerelle en bois.

C’est le col de Verde qui sera votre prochain point de passage, un col que vous atteindrez sans grande difficulté. Vous y trouverez un gîte où il est possible de se restaurer et d’y dormir suivant le programme choisi.

 

Après le col, vous aurez devant vous la seule véritable difficulté du jour, la montée vers bocca d’Oru et ses 600m de dénivelé. Située en fin d’étape, l’ascension pourra paraitre assez éprouvante, mais une fois là-haut, la récompense sera au rendez-vous. La mer semble s’être encore un peu rapprochée et il ne reste plus qu’à profiter d’un sentier roulant, au cœur d’un plateau d’altitude à 1900m d’altitude, pour rejoindre le refuge. Le refuge de Prati, orienté pleine Est, offre une vue imprenable sur la mer et la plaine orientale. Pour l’anecdote, c’est l’endroit où poussent les fameuses clémentines, vendues avec leurs feuilles, que vous retrouverez cet hiver dans votre panier de courses.

 

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Jour 11 : Ligne de crête

 

Refuge de Prati – Refuge d’Usciolu

Temps estimé : 5h45

Difficulté : 677m D+ / 747m D-

 

Après deux jours de randonnée tout en douceur, le GR®20 vous rappellera qu’il a une réputation à tenir, et c’est à travers les rochers que vous repartirez pour cette nouvelle étape. Une différence est cependant notable par rapport à la partie Nord, les massifs imposants ont laissé la place à une succession de lignes de crêtes effilées et verdoyantes.

 

Le premier obstacle se situe après une ascension matinale de 150m de dénivelé. Les jambes échauffées, vous plongerez dans un petit cirque glaciaire, datant de plusieurs milliers d’années. Si vous ne trouverez plus de glace à cet endroit, le terrain n’en sera pas moins alpin et technique, et l’usage de vos mains redeviendra utile.

Une fois passée cette étroiture creusée dans la montagne, vous descendrez progressivement au gré des brèches que vous franchirez à flanc de montagne. Ce véritable chemin de chèvres à travers dalles et blocs rocheux vous conduira jusqu’à bocca Rapari. Sur votre droite la mer, et à votre gauche, la vallée du Taravo, la vallée la plus boisée de l’île.

La suite de l’étape vous mènera, par un sentier reposant, au pied de la prochaine difficulté du jour, à bocca Palmente (1525m). Ce col, qui marque la mi-étape, mérite d’y faire une pause afin d’entamer la seconde partie de l’étape dans de bonnes dispositions.

Après cette pause, il faudra donc reprendre un peu d’altitude, jusqu’à 2000m, pour rejoindre les crêtes de la Furmicula, un passage aérien au décor magistral. Il ne vous restera plus que quelques 250m de dénivelé négatif à effectuer pour rejoindre le refuge d’Usciolu, posé à flanc de montagne, à 1750m.

 

 

 

Nous avons une pensée particulière pour Francis, gardien du refuge d'Usciolu, visage du GR20 qui nous a quitté récemment.

Francis nous a toujours accueilli avec sourire, bienveillance et regard malicieux.

Pour beaucoup, l'arrivée à cette étape fut une délivrance et sa caverne d'Alibaba un émerveillement.

 

 Crédit photo : Caroline Gonin

 

 

 

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Réservations de refuges : www.pnr-resa.corsica – tél : 04.20.06.12.00

 

 

 

 

 

Jour 12 :  Plateau d’altitude

 

La suite du parcours a beaucoup évolué ces dernières années, modifiant le tracé et offrant des solutions alternatives dhébergements sur le plateau du Cuscionu. Auparavant les jours 12 et 13 étaient une seule et même étape. Pour les puristes, il faut désormais passer par une variante alpine au col de lAgnone, balisée en jaune, pour effectuer lancien cheminement et relier Asinau depuis Usciolu en un jour.

 

Refuge d’Usciolu – Refuge de Matalza

Temps estimé : 5h30

Difficulté : 400D+ / 750D-

Depuis hier soir, vous avez peut-être observé, depuis la terrasse du refuge, ces points qui brillent au loin sur le plateau du Cuscionu. Ce sont les toits de tôle des bergeries qui réfléchissent les rayons du soleil, et c’est également votre destination du jour. Donc aujourd’hui, il n’y aura pas vraiment de surprise, vous savez à quoi vous attendre !

Ce début d’étape devrait marquer les esprits avec une arête rocheuse offrant un cheminement épique et aérien. Réputation du GR® oblige, la roche y est omniprésente et le sentier vous fera passer tantôt sur les versants Est et Ouest de la crête, par le biais de petits corridors taillés dans la roche. La lumière du matin ajoutera un supplément d’âme à ce paysage magnifique.

 

Une fois la crête passée, c’est un terrain radicalement différent qui s’offrira à vous, avec une immensité de verdure, de forêts de hêtres et de prairies sillonnées de ruisseaux. Un véritable paradis bien mérité pour les pieds qui vous mènera vers le col de l’Agnone, bifurcation entre l’ancien et le nouveau tracé. Par le marquage rouge et blanc, une belle descente vous conduira à une rivière invitant à la pause. Vous vous trouvez ici au cœur du plateau du Cuscionu où trois hébergements sont identifiés. Vous les croiserez dans cet ordre :

1 : Bergeries de Basseta à 30 min de la rivière.

2 : Refuge de Matalza : 1 + 25 min

3 : Bergeries de Croce : 2 + 45 min

 

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Jour 13 : Fin de l’aventure en vue

 

Suivant l’endroit où vous avez passé la nuit précédente, l’étape sera plus ou moins courte. Il est également possible de doubler cette étape jusquau col de Bavella, situé entre Asinau et Paliri. Pour les plus vaillants, vous pouvez aussi envisager daller directement à Conca depuis le col de Bavella, pour finir laventure.

 

Refuge de Matalza – Refuge d’Asinau

Temps estimé : 5h30

Difficulté : 700D+ / 600D-

Ce matin, vous traverserez le plateau du Cuscionu en douceur pour arriver au pied du Massif de l’Alcudina. Dernier rempart dépassant les 2000m du séjour, cette première ascension du jour est régulière et sans difficulté majeure. Le col de Stazzunara marquera la bascule en direction de l’Asinau. De là, la vue est imprenable et vous découvrirez les aiguilles de Bavella avec, derrière elles, le Golfe de Porto-Vecchio, donnant un point de repère sur la fin du parcours.

 

Avant d’entamer la descente vers le refuge, nous vous invitons à monter au sommet de l’Alcudina, 140m plus haut, si la météo le permet. Pour cela, il vous faudra faire un aller-retour par le tracé balisé en jaune de la variante alpine.

 

De retour sur le tracé normal (ou si vous êtes resté sur le tracé), il ne vous restera plus que 500m de dénivelé négatif à effectuer pour rejoindre le refuge d’Asinau. Vous devriez ressentir un contraste total avec la montée que vous venez d’effectuer. En effet, ce sentier souple, à flanc de montagne, se transforme rapidement en un enchainement de passages de dalles où l’usage des mains refera son apparition. Passées les dalles, la dernière partie de la descente avant le refuge se fera sur un sentier très accidenté et érodé par le temps, qui finira peut-être d’user vos articulations…

 

Plus d'infos sur le site du Parc Naturel Régional de Corse : http://www.pnr.corsica

Réservations de refuges : www.pnr-resa.corsica – tél : 04.20.06.12.00

 

 

Jour 14 : Les aiguilles de Bavella

 

Si vous avez choisi de doubler l’étape précédente, vous serez au col de Bavella ce matin et larrivée sera à portée de main.

Asinau – Paliri par variante alpine.

Temps estimé : 7h30

Difficulté : 800D+ / 1300D-

Pour une fois, la journée commencera un peu différemment, par un profil descendant à flanc de montagne afin de quitter le massif de l’Alcudina. En bas, vous traverserez une belle rivière qui vous fera basculer sur les pentes des aiguilles de Bavella par un sentier sans grande difficulté. Après quelques kilomètres de descente le long de la rivière, vous arriverez à une intersection proposant un choix entre une nouvelle variante alpine, traversant les aiguilles au cœur, et le GR®20, contournant la difficulté. Nous vous recommandons la variante pour sa beauté géologique et son tracé devenu un incontournable. Le tracé normal du GR®20 est à préconiser si la météo est instable ou si vous souffrez d’une pathologie contraignante.

La variante alpine offrira, en effet, un terrain très exigeant et un ultime passage de chaines sur dalle inclinée que vous aurez à affronter à la montée. La descente finale pour sortir de cette variante et arriver au col de Bavella sera le dernier grand cahot de roches de l’aventure. Savourez-le !

 

Une fois au col, vous retrouverez le sentier du GR®20, balisé rouge et blanc, qui ne vous quittera plus jusqu’à Conca. Si besoin, prenez le temps de vous reposer au col. C’est un axe routier où vous trouverez différentes options de restauration et de ravitaillement. Malgré cette envie de relâchement qui vous envahira peut-être, n’oubliez pas qu’il vous reste encore un peu de marche pour rejoindre l’arrivée de l’étape.

La reprise se fera par un chemin paisible en direction du massif de Paliri. Après ces premiers kilomètres tranquilles depuis le ravitaillement, une belle montée sèche de 200m de dénivelé positif et autant de négatif vous attendent, mais sans grande difficultés technique toutefois. Le refuge se trouve alors à quelques encablures, au pied du massif.

 

Plus d'infos sur le site du Parc Naturel Régional de Corse : http://www.pnr.corsica

Réservations de refuges : www.pnr-resa.corsica – tél : 04.20.06.12.00

 

Jour 15 : Fin de l’aventure

 

Paliri – Conca

Temps estimé : 5h

Difficulté : 160m D+ 926m D-

 

Aujourd’hui c’est le dernier réveil en montagne de cette aventure en terre corse. Profitez de ce moment et ne vous pressez pas pour arriver à Conca. Dans l’esprit général, cette étape est une grande descente finale à travers le maquis. C’est en partie vrai, mais il subsistera néanmoins quelques belles montées à franchir.

Votre nouvel ennemi jusqu’à Conca sera la chaleur qui grandira au fur et à mesure que vous perdrez de l’altitude et que la végétation se transformera. Les forêts de montagne deviendront du maquis bas, et les belles rivières de timides ruisseaux.

 

Si vous avez de la chance, vous pourrez apercevoir une dernière fois le mouflon Corse comme un symbole récompensant votre périple de deux semaines à travers la montagne.

Après plusieurs kilomètres de descente et des centaines de mètres de dénivelé perdus, vous arriverez à une dernière rivière pour une dernière pause tout aussi symbolique.

 

Une fois la pause terminée, un beau sentier avec une vue imprenable sur la mer vous conduira à une brèche taillée dans le granit, comme une porte marquant la fin de l’aventure. Le GR®20 sera alors derrière vous et il ne vous restera plus qu’à descendre tranquillement vers Conca, tout en restant concentré. Jusqu’à l’arrivée, une pierre ou une souche pourraient vous faire trébucher pour vous rappeler que le GR®20 n’est jamais complètement vaincu.

 

Ça y est, vous pourrez le dire : « a fra li monti » (à travers la montagne).

 

Plus d'infos sur le site du Parc Naturel Régional de Corse : http://www.pnr.corsica

Réservations de refuges : www.pnr-resa.corsica – tél : 04.20.06.12.00

 

Lexique corse :

bocca = col

capu = sommet

 

Article réalisé en collaboaration avec Brice Sarti, accompagnateur en montagne – Apiuma. 

Crédits photos : Mountain Brothers

Résumé et foire aux questions

Où se situe le GR 20 ?

Le GR20 est la grande randonnée la plus célèbre située en corse. Cette dernière est un parcours longitudinal qui relie Calinzana, en Haute-Corse, à Conca, en Corse du Sud !

Où commence le GR 20 ?

Le GR20 prend son départ à Calinzana, un village typique de la région de Balagne, en Corse du Nord. Ce dernier se situe à 250m d'altitude et à flanc de montagne : il offre un cadre magnifique avant de se lancer dans l’aventure GR®20.

Quelle est la distance du GR20 ?

Sillonnant les montagnes Corses du nord au sud, entre Calenzana et Conca, c'est l’un des GR les plus exigeants, avec un total de 180km et un dénivelé positif avoisinant les 11 000m à parcourir.

Combien de jours faut-il pour compléter le GR20 ?

La durée du GR20 peut varier en fonction de vos ambitions ainsi que de vos capacités physiques. Les plus sportifs partiront sur une version rando-trail sur 3 à 5 jours, il faudra compter environ 8 à 10 jours por les randonneurs sportifs, et les randonneurs un peu plus amateurs s’attaqueront à ce défi sur 12 à 15 jours.

 

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