On embarque avec notre ambassadeur Rebloch'team Antoine Rolle pour un voyage au Moyen Orient ! Direction Oman pour un trip escalade et sports outdoor.

 

Reef Oman

Première prises omanaises, ici dans le départ de la voie « Just Breath » 7b+ sur la falaise du Reef. © Marie-Doha Truchot-Vannier

 

Décembre, les Alpes se recouvrent de leur épais manteau blanc, les températures oscillent autour de zéro et les skieurs tracent déjà̀ leurs plus beaux virages. Avant de se plonger définitivement dans l’hiver alpin, direction Oman pour profiter de quelques derniers instants de chaleur.

 

Le pays est recouvert de sable et de roches, frappé continuellement par le soleil. Ici Zoé aurait bien du mal à vivre sous ces chaleurs étouffantes. A l’ombre les températures deviennent supportables et le pays se transforme en paradis pour la grimpe, la marche et le parapente.

 

Au début du voyage nous prenons la route pour les montagnes du Hajar Occidental à l’ouest de Mascate, capitale d’Oman. Le Jebel Shams (3075m, point culminant du pays), le Jebel Kawr (2730m) et le Jebel Misht (2090m) sont les sommets emblématiques et proéminents du massif.

Jebel Shams Oman

Randonnée sur le Jebel Shams, malgré l’altitude, le soleil tape et brule la peau. © Laurie Dardailler

 

Les parois fleurissent sur chaque montagne. Nous touchons pour la première fois le rocher omanais sur la falaise d’altitude du Reef (1900m), près de Al Hamra. Ouverte en 2015 par des grimpeurs français et allemands, les voies sont très bien équipées et permettent de se faire plaisir du 5a au 8a.

Le calcaire se découpe en goutte d’eau et forme de magnifiques dentelles. Le lieu est idéal pour camper un ou deux jours et profiter du coucher de soleil sur les plaines du sud.

Au nord de Al Hamra se trouve la plus grosse montagne du pays, le Jebel Shams. Elle prend la forme d’un immense bouclier bordé par de grands canyons. Le sommet principal est fermé au public car militaire.

 

Le sommet sud reste accessible via plusieurs itinéraires, le W4 ou le W6 qui offrent un cheminement plus ou moins aérien. Il nous faut tout de même 4 bonnes heures pour atteindre son sommet et admirer la vue qui s’étend à 360° sur tout le massif . Cette fois je n’ai pas mon parapente, mais je compte bien revenir !

Bivouac Oman

Nous dormons chaque soir en bivouac, feu de bois obligatoire pendant les belles nuits d’arabie. © Marie-Doha Truchot-Vannier

 

Lors de ces premiers jours, nous avons été transporté dans une ambiance qui nous était étrangère : réveil au son des prières, feu de camp dans le désert et baignade dans les Wadis. Certains monuments sont à visiter comme le Fort de Bahla. Sautant de toit en toit, j’ai comme l’étrange impression d’être à Agrabah ! mais ou et passé le génie ?

Au pied du Jebel Misht se trouve le Wadi Dhum Dam. Cette oasis résulte d’une résurgence et coule dans un canyon idyllique. Une balade chemine dans le fond du vallon et permet de se baigner facilement, idéal pour se relaxer avant la voie du lendemain.

Zoé à Wadi Dhum Dam

Zoé se prélasse à Wadi Dhum Dam. © Antoine Rolle


Avec Jeremy nous choisissons de grimper la face sud du Jebel Misht. Cette paroi haute de 1000m est rayée par un grand pilier central. La montagne est belle et imposante. Elle est visible à des kilomètres à la ronde et peut en faire rêver plus d’un !

Jebel Misht

Lumière du soir sur la gigantesque muraille du Jebel Misht. © Antoine Rolle

 

Ouvert en 1979 par une cordée française, le « Pilier des francais » est considéré comme une grande course et sera notre objectif. On nous a conseillé́ de se méfier de l’approche, de la grimpe et même de la descente.

Le Jebel Misht ferait-il si peur ? Nous mettons toutes les chances de notre coté, le réveil sonnera à 4h et nous quitterons le camp peu de temps après. Cairnée, l’approche est finalement rapide et les rayons de soleil nous éclaire dès les premiers mètres d’escalade. Grâce à une préparation minutieuse de la course nous débouchons assez rapidement au sommet.

Nous sommes surpris mais heureux d’avoir mis seulement 6h dans la voie. Cela nous laisse le temps d’aborder la descente sans pression et d’atteindre la voiture en milieu d’après midi. Entre l’escalade en terrain d’aventure, le cheminement peu aisé et le rocher délicat, la voie a tout d’une vrai course typée montagne. En cadeau, le panorama sur le Jebel Kawr et les plaines de l’ouest ravi nos yeux de globe-trotter.

 

 

Pour la fin du voyage, nous descendons plus au sud dans le Hajar Oriental et la région de Sour. Ici aussi les Wadi sont nombreux et luxuriants. Le Wadi Chabs est absolument à voir. A travers les palmiers, une petite barque permet de prendre pied sur le chemin de randonnée (Photo 14). Ensuite, une heure de marche le long des hauts « falaj » (réseau d’irrigation) donne accès aux bassins d’eau turquoise. Après quelques brasses, la grotte et la cascade apparaissent et transforment le lieu en jacuzzi naturel.

wadi chabs

Les vasques du Wadi Chabs sont paradisiaques, entre cascade, grotte et eau turquoise. © Jeremy Fino​


Tout près de ce wadi idyllique se trouve le Wadi Tiwi. Ses hautes parois se dressent telles des murailles et attirent inexorablement l’oeil des grimpeurs. La route, étroite et sinueuse, termine son chemin au village de Mimbam.

De là, en une heure environ, nous accédons à de nombreuses grandes voies. La majorité sont en terrain d’aventure et mesurent entre 250m et 500m. Le calcaire tranchant s’arrondit par endroit pour former de gigantesques tafonis. Plus bas, les chants des bergères nous parviennent, résonnants dans tout le cirque de Tiwi.

Wadi Tiwi

Formes atypiques et terrain d’aventure dans « Salut Patron » 6a+/250m à Wadi Tiwi. © Marie-Doha Truchot-Vannier

 

Les eaux vertes, les palmiers et les montagnes surplombants le village font de ce lieu un endroit unique pour l’escalade omanaise.
Si toutefois vous êtes plus intéressé par l’eau, la pratique du canyoning se développe dans le pays avec plusieurs itinéraires valants le détour. L’absence de secours et l’encaissement des canyons, les rendent très engagés.

Tous les quatre, nous nous lançons dans le Canyon de Fins. Il est relativement court et ne demande pas de navette. Bingo, c’est ce qu’il nous faut ! L’approche se fait le long d’une belle palmeraie. Le travail de l’eau et les techniques d’irrigations sont ancestrales. Les paysans s’activent pour l’entretien et la bonne pousse de leur plantation. Le haut du canyon est sec et les premiers rappels se font facilement. Mais au détour d’une vasque, l’eau débouche d’une résurgence tel un robinet géant.

A partir de là, sauts et nages s’alternent dans la profonde gorge. A l’ombre, l’eau deviendrait presque froide et nos combinaisons presque un peu courtes. Mais sous le dur soleil omanais qui nous accompagne jusqu’à la voiture , la chaleur revient rapidement. Sur le retour, je me fais déposer sur une bute de terre avec pour seul matériel, ma voile. Le vent souffle et le décolage face à la mer est léger et agréable. Le paysage, sec et désertique, donne l’impression de voler sur la lune. Oman un paradis pour les parapentiste. Il est possible de décoller sur quasiment chaque montagne et l’atterrissage est très souvent facile sur des plaines. Toutefois, faites attention aux cailloux abrasifs !

Parapente Oman

Chaque montagne est propice au parapente. Ici à Wadi Daykah, la matinée débute par un petit vol avant la grimpe. © Marie-Doha Truchot-Vannier

 

Avant de remonter définitivement vers Mascate, nous passons par curiosité par la cote de Ras al Hadd (à l’Est de Sour). Ces plages sont connues pour accueillir, tout au long de l’année, les tortues venant pondre leurs centaines d’oeufs. Pour nous tout commence mal, aucunes tortues à l’horizon et notre voiture s’ensable progressivement sur la plage. Mais un habitant du coin se transforme en sauveur. Il dégage notre voiture et nous emmène voir une tortue en pleine ponte, instant magique accordé par dame nature.

 

Mon coup de coeur du séjour arrive la veille du départ. Le site de Wadi Bani Khalid est tout simplement grandiose. La palmeraie de départ est très aménagée pour le tourisme, mais plus on s’enfonce dans le canyon et plus les vasques sont belles. Les zones de baignades sont entourées de falaises et certaines d’entre elles sont équipées. Il n’y a pas de voies faciles et la cotation d’échauffement débute à 7b.

Ouvert par Arnaud Petit, un grand mur aux formes atypiques propose de grandes envolées jusqu’à 8a. L’escalade y est magnifique et une demie-journée ne suffit pas pour essayer toutes les voies.

Wadi Bani Khalid

Grimpe au superbe secteur de Wadi Bani Khalid. Zoé profite de ces dernières heures omanaises © Antoine Rolle

 

Au pied, des enfants du village nous regardent intrigués pendant que d’autres jouent de la musique. Les dernières lumières du crépuscules nous forcent à partir, avec dans l’idée de revenir y trainer les doigts.

On finit en beauté ! Pour compléter la diversité de nos paysages, nous passons notre dernière nuit entre les dunes du désert de Wahiba Sands avec pour tout voisins les dromadaires.

 

Dromadaire Oman

Je ne sais pas s’il y a un air de ressemblance mais une chose est sur, on s’est fait de nouveaux copains. © Jeremy Fino

 

Oman aura tenu toutes ces promesses. Si la chaleur ne vous fait pas peur, le pays est un paradis pour pratiquer les activités outdoor.

En ce qui nous concerne, nous avons été conquis par les paysages, par les morceaux de grimpe, par la couleur de l’eau, par les couchers de soleil et par la gentillesse du peuple omanais.

A l’année prochaine !

 

Massif Occidental Oman

 

Massif Oriental Oman