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Alpinisme Chamonix

Chamonix : la mecque de l’alpinisme

Tout est dit et écrit sur Chamonix. Une destination unique, sans nul autre pareil, de 1000 à 4000m en moins de 30 minutes, les glaciers, le granit, les faces nord mythiques, le toit de l’Europe… Un « Disneyland® de la montagne » qui, depuis plusieurs siècles, attire hiver comme été, alpinistes, skieurs, amateurs de pente raide, et tous ce que les sports extrêmes connaissent de déclinaisons (wingsuit, speed riding, parapente et consorts). Si « l’alpiniste est un homme qui conduit son corps là où, un jour, ses yeux ont regardé  » (Gaston Rébuffat), le principal problème de Chamonix est qu’il faut plus d’une vie pour gravir (ou skier) chacun des sommets qui attirent le regard des locaux et badauds. Pour Winter Expérience GORE-TEX, certains guides locaux, connus ou moins connus, vous dévoilent leur coup de cœur, histoire de vous donner envie ou de vous rappeler, de venir un jour poser vos crampons et piolets dans cette vallée fantastique.

Sommaire

Les coup de coeur de…

Winter Experience Gore-Tex

Chamonix alpinisme

Le coup de coeur de Charlotte Barré : les Drus, escalade mythique

Charlotte Barré interview


– Qui es-tu ?

Je m’appelle Charlotte Barré, j’ai 33 ans et suis une passionnée de montagne et d’escalade. J’adore voyager à travers le monde, découvrir et explorer de nouveaux terrains de jeu. Cette passion est même devenue mon métier puisque j’ai récemment obtenu le diplôme de guide de haute montagne.

– Quel est ton lien avec Chamonix ?

Originaire de Haute Savoie, j’habite depuis 2 ans à Chamonix, au pied de ces majestueuses montagnes. 

– Quel est ton spot chamoniard préféré pour l’alpinisme ? 

Il n’y a pas un spot que je préfère pour l’alpinisme. C’est plutôt l’esthétique de certaines montagnes qui m’attire et me donne l’envie de les gravir. S’il fallait en citer un, alors je dirais les Drus, à la fois pour la symbolique et pour l’histoire qui y est associée.

– Pour quel niveau de pratique est-ce adapté ?

Il n’y a pas de voies faciles pour atteindre le sommet des Drus. Il faut donc être un alpiniste expérimenté pour se lancer à l’assaut de cette montagne.

– Tes souvenirs dans cette course ?

Une belle aventure hivernale de trois jours dans sa face nord. Comme dans chaque ascension, la contemplation, les moments partagés avec son compagnon de cordée et le plaisir de grimper restent les meilleurs souvenirs. 

– Quels sont les points forts de cette course ?

Cette montagne particulièrement raide offre des voies techniques et l’ambiance y est garantie. Seuls au monde dans la voie et pourtant pas si loin de la vallée, le point de vue du sommet est inégalable.

Topo « Petit Dru – Face Nord – Voie Pierre Allain » :

Suivez Charlotte sur Instagram : @charlotte.barre

Le coup de coeur de Laurent Soyris : traversée Charmoz – Grépon, voyage dans les aiguilles de chamonix

Laurent Soyris


– Qui es-tu ? 

Je m’appelle Laurent Soyris, j’ai 37ans, suis guide de haute montagne et membre de la Compagnie des guides de Chamonix. Jusqu’à mes 30 ans, j’exerçais une autre activité professionnelle, mais j’ai décidé de me reconvertir et de passer le diplôme de guide afin d’exercer un métier passion.

– Quel est ton lien avec Chamonix ? 

J’ai eu la chance d’y venir enfant et la vallée de Chamonix m’est toujours apparue comme un lieu enchanté, coupé du monde réel. Les glaciers qui descendent, ou plutôt descendaient presque jusqu’à la route, les aiguilles pointues sont un paysage dont je ne me lasse pas. Je travaille essentiellement dans le massif du Mont Blanc et Chamonix est désormais mon lieu de vie. Être membre de la Compagnie des guides marque l’attachement que je porte au lieu et à son histoire.

– Quelle course d’alpinisme recommanderais-tu ? 

La traversée Charmoz-Grépon, une classique qui est aussi un monument d’histoire puisque ouverte en 1881. C’est une course qui, sur le papier, est de cotation relativement modeste (D = difficile) et dont le topo montre peu de longueurs de grimpe. Mais c’est une course complète avec une approche glaciaire et un itinéraire de descente différent de la montée. Et entre ces deux étapes, une traversée qui demeure le stéréotype de l’escalade rocheuse : soutenue, toujours difficile, athlétique et vertigineuse. Le point culminant de cette course est mythique, il y trône une statue de vierge, qui veille sur Chamonix. De nombreux passages ont un nom et une réputation qui a fait parler des générations d’alpinistes : les cheminées Burgener, le rateau de chèvre, le trou du canon, la fissure Mummery, la vire à bicyclette, la fissure en Z.

– Pour quel niveau de pratique est-ce adapté ? 

De cotation relativement modeste (D 5c max), c’est une course à ne pas sous-estimer pour autant. Elle s’adresse à des montagnards aguerris à la grimpe athlétique, à la recherche d’itinéraire, surtout dans la première partie, et aux manipulations de corde dans lesquelles il faudra être rapide pour respecter le timing du topo. 

– Quels sont tes souvenirs dans cette course ? 

Bien que je sois passionné d’histoire alpine et que cette course était dans ma tête depuis ma première saison d’alpinisme, je ne l’ai réalisée que cet été. Il peut arriver, avec des classiques dont on entend beaucoup parler, d’être déçu. Et là, pas du tout. Bien au contraire. On a eu la chance de combiner la traversée d’arête avec le pilier Cordier en première partie et donc de bivouaquer sur le fil de l’arête. Pendant ces 2 jours sur le fil, je n’ai cessé de penser aux pionniers et d’être extrêmement impressionné devant leur audace et leur maîtrise. Et quand je parle des pionniers, je parle des premiers ascensionnistes évidemment mais aussi des générations de guides et leurs clients qui ont parcouru cet itinéraire pendant des décennies avec un matériel minimaliste. 

– Quels sont les points forts de cette course ? 

L’ambiance vertigineuse. Le parcours d’arête sublime, d’un esthétisme rare. L’histoire de la course et de ses passages. 

Pour en apprendre un peu plus sur la première et l’époque de cette première, je vous invite à consulter la compte Instagram @200ansguidesdechamonix

Topo « Traversée Charmoz – Grépon » :

Suivez Laurent sur Instagram : @lesoy

Le coup de coeur de Layla Kerley : le Pas de Chèvre, le couloir incontournable

Layla Kerley

– Qui es-tu ? 

Je m’appelle Layla Kerley, je suis photographe d’outdoor spécialisée dans le ski de montagne. 

– Quel est ton lien avec Chamonix ? 

J’ai grandi dans la vallée depuis que ma famille a quitté l’Angleterre pour venir s’y installer lorsque j’avais cinq ans. Malgré des années d’une relation d’amour/haine avec cette ville, c’est aujourd’hui mon camp de base hivernal !

– Quel est ton spot chamoniard préféré ? 

Cela évolue avec les années et les changements dont nous sommes témoins en montagne. Après l’incendie détruisant le téléphérique des Grands Montets, le sommet est devenu accessible seulement à la force des mollets, en peaux de phoques. Des grands classiques comme le Pas de Chèvre ou le couloir Rectiligne ont regagné de leur beauté sauvage. 

– Pour quel niveau de pratique est-ce adapté ? 

Pour des skieurs confirmés car il y a 2 sections un peu raides (35-40%). Mais le plus problématique est le couloir de sortie situé sous une barre rocheuse dans une moraine. Des pierres tombent régulièrement dès que le soleil chauffe et il faut descendre en escaliers à cause des débris. 

– Tes souvenirs de cette course ? 

Ayant passé mon adolescence à skier là-haut, j’en ai beaucoup ! Mais Bruno (Compagnet) et moi avons skié un Pas de Chèvre en amoureux au coucher de soleil pour terminer en beauté l’année 2019, ce souvenir est le plus beau que j’ai en tête. 

– Quels sont les points forts de cette course ? 

Du très beau ski (1500m de dénivelé négatif) avec une vue imprenable sur les Aiguilles de Chamonix et la vallée, sous l’œil de l’Aiguille Verte et des Drus.

Topo « Pas de Chèvre » :

Suivez Layla sur Instagram : @laylakerley

Le coup de coeur de Vivian Bruchez : la Blanche de Peuterey, la ligne d’une vie

Vivian Bruchez

– Qui es-tu ?

Je m’appelle Vivian Bruchez, j’ai 34 ans, je suis guide de haute montagne à Chamonix et skieur de pente raide. J’étais auparavant entraineur en ski alpin, et actuellement encadrant à l’ENSA.

– Quel est ton lien avec Chamonix ?

C’est là où je suis né, c’est là où j’ai grandi et c’est là où ma famille vit depuis le 17ème siècle. J’ai donc été bercé par la verticalité des sommets. C’est ça qui a façonné ma vision de skieur.

– Quel est ton spot chamoniard préféré pour l’alpinisme ? 

Il y a beaucoup d’endroits qui me plaisent dans le massif, mais si je dois n’en citer qu’un, c’est la face nord de la Blanche de Peuterey, sur le versant sud du massif du Mont-Blanc. Pour moi, c’est le parfait équilibre entre l’esthétique d’une montagne et la performance requise. C’est aussi une descente iconique du massif du Mont-Blanc, le genre de course qui a créé la renommée du « massif » avec environ 800 mètres de face.

– Pour quel niveau de pratique est-ce adapté ?

C’est un niveau expert pour la partie ski, avec un mix à 50/50% entre ski et alpinisme. Le niveau technique est donc très élevé. Mais c’est aussi une course faisable en alpinisme, qui reste toutefois un grand itinéraire montagne.

– Quels sont tes souvenirs dans cette course ?

Au printemps 2020, j’ai eu la chance de partager cette descente avec 4 copains. Les conditions étaient bonnes et on avait le même projet. On s’est retrouvé à 5, ce qui est beaucoup, mais chacun a trouvé sa place et amené sa compétence.

Cette descente m’avait toujours inspiré. En 1977, Anselme Baud et Patrick Vallençant avaient skié le versant Nord, depuis ça n’avait pas été répété, à part une variante en 1980. La ligne que l’on a skié (face Est) est une nouvelle variante de cette montagne que l’on a réussi à enchainer, en étant fidèle à mon éthique de la montagne, sans rappel. 

– Quels sont les points forts de cette course ?

C’est une montagne visible, qui génère du rêve. La Blanche de Peuterey est un sommet de rencontre en ski et alpinisme, absolument mythique, à l’instar de cette rencontre entre les différents univers qui font Chamonix. C’est aussi un sommet qui peut mener au Mont-Blanc, par la non moins mythique, arête intégrale de Peuterey !

Topo « Aiguille Blanche de Peuterey – Face Est » :

Suivez Vivian sur Instagram : @vivianbruchez

Le coup de coeur de Thomas Guerrin : Aiguille du tacul épaule nord-ouest, pente raide accessible 

Thomas Guerrin

– Qui es-tu ?

Je m’appelle Thomas Guerrin, j’ai 32 ans, je suis réalisateur & co-fondateur de @yucca_films, et j’habite la vallée de Chamonix depuis 4 ans.

– Quel est ton lien avec Chamonix ?

En arrivant ici ma passion pour la montagne s’est décuplée, grâce au terrain de jeu certes, mais aussi parce que j’y ai rencontré les montagnards les plus inspirants du coin. Et ils sont nombreux !

– Quel est ton spot chamoniard préféré pour l’alpinisme ?

Pour le souvenir de skieur que j’en garde, je dirais l’Aiguille du Tacul et son épaule nord-ouest.

– Pour quel niveau de pratique est-ce adapté ?

Il faut être bon skieur pour un court passage raide (45°). Cet itinéraire demande aussi de savoir faire un rappel et avoir bien lu le topo pour le trouver.

– Quel sont tes souvenirs dans cette course ?

Pouvoir tracer de grandes courbes dans une pente raide mais pas trop. Une sensation que tout skieur-montagnard recherche et un souvenir impérissable.

– Quels sont les points forts de cette course ?

L’accès est un des plus beaux du massif, puisqu’en partant de l’Aiguille du Midi, la journée commence avec une Vallée Blanche, et l’itinéraire de montée sur le glacier des Périades est unique également.

Topo « Aiguille du Tacul – Epaule Nord-ouest » :

Suivez Thomas sur Instagram : @thomas_guerrin

Vous l’aurez compris, Chamonix recèle de bien des trésors, des sommets et des courses qui, à l’image des exemples relatés ici, offrent une variété presque intarissable. Que ce soit pour du ski freeride, ski de rando, pente raide, alpinisme, escalade ou autre activité défiant la gravité, cette vallée encaissée a vu passer les plus grands noms de ces disciplines. Ça n’est pas le fruit du hasard !

Hiver comme été, « La montagne nous offre le décor … A vous d’inventer l’histoire qui va avec ! »

Et n’hésitez pas à nous faire part de vos retours d’expérience en nous laissant un commentaire ci-dessous. 

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